La SM Citroen  qui ornait le hall d’accueil de la Direction générale de la gendarmerie à Issy les Moulineaux a été remplacée par une Estafette Renault, évoquant avec nostalgie le passé récent de l’Institution. Attendons avec intérêt de voir quel véhicule du Moyen-âge évoquera le prévôt des maréchaux…
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En tous cas, malgré le froid extérieur vif et piquant, nombre de réservistes citoyens avaient fait le déplacement et le général LIZUREY, Directeur général, assisté du général COROIR, commandant des réserves, prit la parole devant une assemblée attentive.
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L’association des réservistes et des sympathisants de la gendarmerie, RESGEND, était représentée par le colonel (h) Jean-Pierre SOBOL, rédacteur de ce compte-rendu.

Le Directeur général articula son propos en deux volets : bilan 2016 et perspectives 2017.

2016 :

L’un des piliers de l’action de la gendarmerie fut sans conteste ni surprise la lutte contre le terrorisme. Une amélioration sensible résida dans le partenariat avec la Police, notamment dans le domaine du renseignement où le cloisonnement et la confidentialité d’autrefois laissent la place à l’efficacité.

De même, lors de  «  l’Euro » 2016, fut essayée et validée une formation à la détection des explosifs dans une foule en mouvement, un flux de personnes.

Un autre grand engagement de l’Institution fut le démantèlement de la « jungle » de Calais, ainsi que l’encadrement des migrants vers leurs centres de regroupement, dont 140 sont surveillés et protégés par la gendarmerie.

Les fameuses « ZAD » (zones à défendre ») sont également un lieu de regroupement pour des gens qui cherchent l’affrontement avec les forces de sécurité pour témoigner de leur refus de l’autorité de l’Etat.

130 escadrons ont été engagés pour la protection des populations, chacun passant 230 jours par an en déplacement, ce qui pose le problème du peu de temps disponible pour la formation.

De plus, la prise en compte de la directive européenne sur le temps de travail a entraîné une baisse de 6% de la capacité opérationnelle, ce qui correspond à 6.000 gendarmes de moins sur un effectif de 100.000 !

L’année 2016 a été également très dure : 18 militaires décédés en service, 5903 blessés… ceci est révélateur d’une vive dégradation des comportements, matérialisée par  20 refus d’obtempérer. Se mettre devant une voiture n’est plus la solution pour intimer au conducteur de stopper !

2017 :

Les perspectives sont nombreuses et variées : harmonisation du droit d’usage des armes par l’alignement des policiers sur les gendarmes, ce qui sous-tendra pour ceux-ci lorsqu’ils opèrent en civil le même usage des armes qu’en uniforme.

La lutte se pérennisera contre le terrorisme, la délinquance, la criminalité… à titre d’exemple, les cambriolages ont augmenté de 4% et sont maintenant l’œuvre de gangs organisés en provenance fréquente des pays de l’Est.

Les relations avec la police sont désormais apaisées, malgré des divergences qui subsistent.

La gendarmerie  a « pris racine » au ministère de l’Intérieur.

La modernisation de la gendarmerie est en route, concrétisée (entre autres) par la tablette « Neogend », dont chaque gendarme se verra doté. Ce remarquable outil numérique connecté est appelé à évoluer et rendre le travail plus efficace.  Un rapide exemple : avec Neogend, une demi-heure suffit pour contrôler les passagers d’un car, contre trois heures précédemment !

La proximité va redevenir un axe d’effort, la suppression des brigades (500 en quelques années) va prendre fin. Seront créées des brigades « de contact », recentrées sur l’interaction avec la population, ainsi que des « brigades numériques », accessibles 24h/7jours.

Les effectifs de la réserve opérationnelle, de 28.500 à ce jour, seront de 40.000 en 2019, avec un objectif d’emploi sur le terrain de 4.000 personnels par jour. De même, chaque réserviste opérationnel  employé en renfort sera doté d’un gilet pare-balles individuel. La Garde nationale entraînera une simplification du règlement des soldes.

Le principe de la « feuille de route » a permis de favoriser les idées et projets provenant  du « terrain » et remontant vers les directions pour étude et validation éventuelle. 369 mesures ont ainsi été validées.

La réserve citoyenne sera dynamisée. Elle doit apporter son savoir et son expertise, comme la « réserve cyber » qui fonctionne très bien.

Le directeur général conclut son exposé en adressant ses vœux et en rappelant chaleureusement que la réserve citoyenne était ici « dans sa maison ».

Un échange informel  le verre (de jus d’orange) à la main clôtura dignement ce très  intéressant panorama de l’Institution.

                                                                                                              Col.(h) Jean-Pierre SOBOL