Le mot d’accueil du rédacteur

Le Chef d’escadron (RC) Philippe WITTIG

Délégué régional Alsace de R.E.S.GEND

Chers camarades de R.E.S.GEND,

A chaque fois que la gendarmerie (et ses gendarmes) sont attaqués, le Directeur général est là pour les défendre et – si nécessaire pour l’opinion publique – « remettre les pendules à l’heure ».

Ce soutien, très apprécié au sein de l’Institution, n’est jamais inconditionnel et le général d’armée Christian RODRIGUEZ de rappeler toujours à ses troupes le cadre légal de leur action et la doctrine qui y préside.

En faisant régulièrement le point devant les parlementaires, il souligne systématiquement la difficulté du travail de nos camarades et signale les nombreuses (et inadmissibles) agressions dont les gendarmes sont victimes : + 76 % depuis 2010 pour les agressions physiques (avec une augmentation des agressions avec armes) et + 64 % de blessés parmi les militaires de l’Arme.

Nous aussi, tenons à rappeler ici notre soutien aux camarades d’active ou de réserve qui doivent faire face à des situations de plus en plus violentes.

Ils ont toute notre confiance en ces périodes difficiles et tendues, où les valeurs nécessaires au vivre ensemble ont tendance à disparaître.

Profitons de la fin d’année pour adresser aux gendarmes de nos unités locales nos meilleurs voeux (pour eux et pour leurs familles) et pour leur dire notre amical et permanent soutien !

Belles fêtes de fin d’année à tous et rendez-vous en mars 2021 pour un nouveau bulletin.

Actualités générales

* Radicalisation : fin août, le ministère de l’Intérieur annonçait que 8 132 radicalisés figuraient au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT).

* ADN : dans un arrêt du 8 juillet 2020, la première chambre civile de la Cour de cassation a rappelé que – lorsqu’un père ne dispose d’aucun motif légitime pour s’opposer à la réalisation d’une expertise génétique – le juge peut déduire de son refus un indice de sa paternité.

* CO2 : voici le classement des énergies en fonction de leurs émissions du principal gaz à effet de serre, le CO2 : charbon 820 grammes d’équivalent CO2 par kilowattheure, gaz 490, biomasse 230, solaire 41, géothermie 38, hydroélectricité 24, nucléaire 12, éolien 11.

* Tunnel : dernière pièce de la nouvelle ligne ferroviaire à travers les Alpes (NLFA), le tunnel du Ceneri (long de 15,4 km en Suisse) a coûté 24 milliards de francs suisses. Il devrait accueillir jusqu’à 170 trains de marchandises et 180 trains de voyageurs par jour, sur cet axe ferroviaire reliant Rotterdam (Pays-Bas) à Gênes (Italie).

* Eau : cet été fut l’un des plus secs jamais observé en France. L’occasion de rappeler les quantités d’eau nécessaires pour produire ou fabriquer certains produits que nous consommons. Ainsi, en empreinte hydrique moyenne, il faut 2 808 litres d’eau pour produire un hamburger, 2 495 litres pour une chemise en coton, 1 700 litres pour une tablette de chocolat, 230 litres pour un verre de jus de pomme, 225 litres pour un verre de lait et 110 litres pour un verre de vin.

* PV : si vous avez reçu un forfait post-stationnement pour le non-paiement d’un stationnement ou le dépassement de sa durée limite et que vous désirez le contester, il n’est plus obligatoire de le payer préalablement pour pouvoir le faire (décision du Conseil constitutionnel en date du 9 septembre 2020). Cette mesure est applicable à toutes les affaires non jugées définitivement à cette date.

* Ralentisseurs : il en existerait 400 000 en France dont un tiers ne seraient pas aux normes (plus de 10 cm de haut).

* Suicides : avec 13 suicides pour 100 000 habitants, la France se situe légèrement au-dessus de la moyenne européenne (11 suicides pour 100 000 habitants). Lituanie (26), Slovénie (20) et Lettonie (18) figurent au haut de l’échelle, tandis que Chypre enregistre le taux de suicide le plus faible (4 pour 100 000 habitants), suivie par la Grèce (5) et l’Italie (6).

* Forêts : poumons de la planète, elles sont de plus en plus exploitées voire détruites. En Europe, par exemple, 60,6 % du bois prélevé sert à la construction et au bâtiment. En France, le bois comme source d’énergie produit 41 % des énergies renouvelables, devant l’hydraulique (20 %), les biocarburants (9 %) et l’éolien (7 %). Quelques chiffres : en Finlande, la couverture forestière est de 73 % du territoire national, en Suède elle est de 69 %. Avec près de 17 millions d’hectares boisés, la France possède la quatrième forêt d’Europe.

* Repères historiques : Ière République : du 22 septembre 1792 au 18 mai 1799 ; IIème République : du 24 février 1848 au 2 décembre 1852 ; IIIème République du 4 septembre 1870 au 10 juillet 1940 ; IVème République : du 13 octobre 1946 au 28 septembre 1958 ; Vème République : depuis le 4 octobre 1958.

* Budget 2021 : le ministère de l’Intérieur à obtenu 1 milliard d’euros au titre de la relance, en plus des crédits déjà prévus pour l’année à venir. 340 millions seront donc investis pour l’équipement des forces de l’ordre et 400 millions pour le renouvellement de la flotte des véhicules (1 véhicule sur 4 de la police et de la gendarmerie devrait être remplacé) ; enfin, 230 millions seront consacrés à l’acquisition de 12 hélicoptères Airbus pour la sécurité civile et la gendarmerie.

* Contrefaçon : la Chine en est le principal pays d’origine. Quatre Français sur dix auraient acheté un produit contrefait sans le savoir (43 % étaient des jeunes de 15 à 18 ans). Pour l’Europe, la contrefaçon a entraîné la perte de 470 000 emplois et lui a fait perdre 16,3 milliards d’euros de recettes fiscales. Les entreprises européennes des secteurs du vêtement, de la chaussure et des accessoires perdent 24,8 milliards d’euros par an ; celles des produits pharmaceutiques 9,6 milliards et celles des cosmétiques et soins personnels 7,1 milliards. En 2018, les douanes européennes ont saisi 27 millions d’articles contrefaits (valeur marchande : 740 millions d’euros). 15 % des articles interceptés étaient des cigarettes, 14 % des jouets, 9 % des matériaux d’emballage, 9 % aussi des étiquettes et autocollants de marques, 8 % des vêtements. Cosmétiques, médicaments, jouets et appareils ménagers électriques représentent presque 37 % des articles retenus. Rappelons que la simple détention d’un produit contrefait est un délit qui entraîne sanctions fiscales (douanes) et pénales. Ainsi, outre la confiscation des produits, le détenteur s’expose à une amende douanière comprise entre une et deux fois la valeur de l’objet ; il encourt également une amende pénale pouvant aller jusqu’à 300 000 € et une peine d’emprisonnement de 3 ans.

* Vaccins : en 2019, 76 % des vaccins étaient produits en Europe, 13 % en Amérique du Nord, 8 % en Asie et 3 % dans le reste du monde. Rappelons que si l’on ne meurt plus de la diphtérie, de la poliomyélite et (quasiment plus) du tétanos et de la rubéole en France, c’est grâce à la vaccination de masse obligatoire.

* Drone : vous souhaitez offrir un drone à votre enfant pour Noël ? Réfléchissez-y à deux fois avant d’acheter un tel « aéronef télé-piloté ». En effet, pour un engin de 800 grammes et plus, une formation est obligatoire et l’appareil doit être enregistré. Par ailleurs, votre enfant devra être âgé d’au moins 14 ans pour piloter un drone et devra savoir qu’il ne pourra pas faire voler son appareil à plus de 150 mètres de hauteur (et même à moins de 150 mètres d’altitude à proximité des aérodromes). Enfin, il est intéressant de connaître les sanctions encourues en cas de non-respect de la réglementation en vigueur : 15 000 € d’amende, six mois de prison et confiscation de l’appareil en cas de survol (même par maladresse ou négligence) d’un territoire français interdit de survol (art. L.6232-12 et L.6232-13 du Code des transports) ; 75 000 € d’amende et un an de prison pour non-respect des règles de sécurité par le propriétaire du drone (art. L.6232-4 du Code des transports).

* Richesse : voici le classement des dix pays au PIB le plus élevé (sources : Banque mondiale et FMI) :

Rang Année 1992 Année 2008 Estimation 2024
1 Etats-Unis Etats-Unis Chine
2 Japon Japon Etats-Unis
3 Allemagne Chine Inde
4 France Allemagne Japon
5 Italie Royaume-Uni Indonésie
6 Royaume-Uni France Russie
7 Espagne Italie Allemagne
8 Canada Brésil Brésil
9 Russie Russie Royaume-Uni
10 Chine Espagne France

* Forêts françaises : trois étés successifs de sécheresse et de canicule (l’été 2020 étant le plus aride jamais mesuré) ont mis les forêts françaises à mal et les spécialistes estiment qu’il faudrait planter chaque année 70 millions d’arbres pendant les trois prochaines décennies pour sauvegarder nos forêts face au réchauffement climatique. Rappels : en France, les forêts couvrent 31 % du territoire (contre 19 % en 1908) ; les feuillus y sont majoritaires en métropole (châtaigniers et chênes, principalement) ; pour les conifères, ce sont les épicéas communs et les pins sylvestres qui sont les plus nombreux.

* Deux-roues : en 2019, 189 personnes sont mortes à vélo et 11 en trottinette, la plupart de ces accidents ayant eu lieu hors agglomération lors de sorties de loisirs. Rappels : le port d’un casque divise par deux les risques de fracture du crâne en cas de chute et par trois en cas de choc latéral avec un véhicule roulant à 45 km/h. Mais à ce jour (et depuis 2017 seulement), seuls les enfants de moins de douze ans sont tenus d’en porter un.

* Or : voici (en tonnes) les réserves d’or dont disposent les dix pays principaux qui en sont détenteurs : USA (8 134), Allemagne (3 367), Italie (2 452), France (2 436), Russie (2 290), Chine (1 948), Suisse (1 040), Japon (765), Inde (635), Pays-Bas (613). Prix de ce précieux métal au 10 août 2020 : 2 039,68 dollars américains pour 1 once.

* Agriculture : avec 18 % de la production agricole européenne, la France reste la première nation productrice, mais ne figure plus qu’en cinquième position en tant qu’exportatrice (derrière les USA, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Brésil). La population agricole de notre pays représente 2,3 % de la population active de notre pays et, depuis les années 1970, la productivité agricole a été multipliée par cinq, tandis que la part de l’agriculture dans le PIB est passée de 4 % en 1980 à 1,5 % en 2018. Aujourd’hui, la taille moyenne des exploitations est de 61 hectares, mais l’endettement des agriculteurs ne cesse de croître (37 % du total des actifs en 2000 et 42 % en 2018).

* Radars : mi-juin, les voitures radars privatisées étaient au nombre de 40 et circulaient dans l’Ouest de la France ; circulant 5 h 30 par jour en moyenne, ils assuraient un tiers des heures de contrôle effectuées. Fin 2021, ce seront 223 véhicules indétectables qui circuleront partout en France.

* Patrick : c’est le nom donné par son conducteur au premier TGV inauguré le 20 septembre 1981 entre Paris et Lyon. A une vitesse moyenne de 320 km/h, il a parcouru 13 478 014 km (soit 335 tours du monde ou 35 fois la distance de la Terre à la Lune). En 2007, la vitesse record de 574,8 km/h a même été atteinte. Après 39 ans de services, Patrick a mis fin à sa carrière en sillonnant une dernière fois le trajet Paris-Lyon avec sa motrice orange.

* Pentagone : construit en 1941 (pour un coût de 75 millions de dollars), cet ensemble de bâtiments ultra-sécurisés accueille les armées américaines (Navy, Air Force et armée de terre). Il occupe une surface de 2,4 km2, ce qui en fait le plus grand bâtiment administratif du monde. Le 11 septembre 2001, un des avions des terroristes d’Al-Quaida viendra s’y écraser, occasionnant la mort de 189 personnes : 125 employés du Pentagone, 59 passagers de l’avion et les 5 terroristes.

* Terrorisme : entre 1979 et 2020, 33 769 attentats islamiques ont été recensés dans le monde provoquant la mort d’au moins 167 096 personnes. Si plus de 89,10 % de ces attaques ont eu lieu dans des pays islamiques, la France (avec 71 attentats et au moins 331 morts) est de loin la nation de l’Union européenne la plus touchée par le terrorisme islamiste.

* Vaccins (bis) : pour réaliser le vaccin contre Ebola, il a fallu cinq ans ; pour le rotavirus : 15 ans ; pour le papillomavirus : 15 ans ; pour la grippe : 28 ans ; pour la varicelle : 28 ans. L’objectif d’un an pour le coronavirus paraît bien optimiste…

* Feux tricolores : certains d’entre eux (dits intelligents ou comportementaux) fleurissent à l’entrée ou au sein de nos communes, vous savez : ces fameux feux qui changent de couleur en fonction de votre vitesse d’approche !

Répondant à un sénateur, le ministre de l’Intérieur rappelle que « l’utilisation des feux asservis à la vitesse n’est pas conforme à la réglementation actuelle, définie par l’arrêté du 24 novembre 1967« .

Il précise qu’une expérimentation est en cours, mais qu’en attendant une éventuelle évolution réglementaire, les collectivités qui ont déjà implanté ce type de dispositifs doivent les éteindre ou leur redonner un usage de feu de signalisation classique.

* Pharos : la Plateforme d’harmonisation, d’analyse, de recoupement et d’orientation des signalements (Pharos) traite des signalements des contenus illicites publics diffusés sur Internet. Composée de 28 enquêteurs (policiers ou gendarmes), la plateforme devrait être renforcée très vite.

Depuis 2009, Pharos a recueilli plus d’un million et demi de signalements.

Si 228 545 d’entre eux ont été enregistrés en 2019, la tendance reste à la hausse en 2020, avec déjà plus de237 000 signalements à la fin octobre.

Plus de la moitié concernent des escroqueries et extorsions, 11 % sont des atteintes aux mineurs et près de 8 % s’avèrent être des discriminations.

Les signalements liés au terrorisme ne représentent que 3 % du volume global, mais restent essentiels pour lutter contre le cyber-islamisme.

Infos Gendarmerie

* CoVid-19 : au 2 septembre, 1 097 gendarmes avaient été atteints par la CoVid-19 (4 en sont décédés depuis le 16 mars). Du côté de la police nationale, ce sont 3 371 fonctionnaires qui ont été contaminés par ce virus.

* Sommet : le 10 septembre dernier, sept chefs d’Etat se sont réunis en Corse à l’occasion du sommet du Med 7. La gendarmerie a été mobilisée pour garantir la sécurité de l’ensemble des acteurs. Au total, 858 militaires, en provenance de toute la France, ont été engagés pour surveiller les airs, la mer et la terre ferme. Sécurisation, jalonnement, recherches du renseignement ont été les missions principales qu’ils ont dû remplir, en amont et pendant l’événement. La gendarmerie mobile a été garante du maintien de l’ordre et a mobilisé onze Escadrons de gendarmerie mobile (EGM), deux Groupements tactiques de gendarmerie (GTG) et un Groupement opérationnel de maintien de l’ordre (GOMO), soit 655 militaires, renforcés par 14 gendarmes motocyclistes de la région PACA. Afin de faire face à des menaces de grande ampleur, deux Véhicules blindés à roues de la gendarmerie (VBRG) et un Dispositif de retenue autonome du public (DRAP) étaient également mobilisés pour renforcer la protection des militaires engagés et dissuader les adversaires potentiels de pénétrer dans les zones interdites au public. Pour les procédures judiciaires éventuelles, une cellule d’appui judiciaire, composée de 21 enquêteurs, a été créée sur place. Enfin, pour coordonner l’action des 858 gendarmes, un centre des opérations avait été mis sur pied. Ainsi, la visite présidentielle et le sommet du Med 7 se sont déroulés sans accroc : une fois de plus, bravo les gendarmes !

* Maintien de l’ordre : mi-septembre, le ministre de l’Intérieur a annoncé la création de 300 postes de gendarmes mobiles. Gendarmes et policiers vont également se partager 300 véhicules neufs, sept engins lanceurs d’eau, 270 véhicules de reconnaissances, cent camions, 130 véhicules de commandement et dix porte-drones, mais le ministre n’a pas abordé la question du remplacement des blindés de la Gendarmerie, les bons vieux VBRG. La grenade à main de désencerclement (GMD) est remplacée par un nouveau modèle ; l’emploi du lanceur de balle de défense va changer également pour les policiers de la sécurité publique et sera conditionné à la présence d’un superviseur…. ce qui est déjà en vigueur chez les gendarmes mobiles.

* Cybercriminalité : des investigations menées depuis 2017 par notre Gendarmerie nationale, ont permis de neutraliser le système ultra-sécurisé (Encrochat) de la pègre européenne. Cette messagerie cryptée était utilisée par tous les grands réseaux de trafiquants en Europe sur plus de 50 000 téléphones échangeant chaque jour plusieurs centaines de milliers de messages. Résultat de cette belle opération de l’unité C3N (centre de lutte contre les criminalités numériques) de la gendarmerie : des millions d’euros et des tonnes de drogue saisis, avec l’arrestation de plusieurs milliers de malfrats. Par exemple, rien qu’au Royaume-Uni, ce sont 746 personnes qui ont été arrêtées, 2 tonnes de drogue saisies ainsi que 28 millions de pilules de drogue de synthèse, de même que 54 millions de livres sterling (59 millions d’euros), 77 armes à feu et 55 voitures de luxe. Aux Pays-Bas : 8 tonnes de cocaïne, 1,2 tonne de méthamphétamine, 100 suspects arrêtés, 19 laboratoires clandestins démantelés… sans parler des armes à feu, billets d’argent, montres de luxe, faux uniformes de policiers, voitures saisis et la découverte d’une chambre de torture installée dans un conteneur insonorisé dont les parois étaient recouvertes d’aluminium pour rendre le local indétectable. Bravo la Gendarmerie nationale pour cette belle opération dont l’ensemble des forces de sécurité européennes ont profité !

* Budget 2021 : en hausse de 335 millions d’euros (selon le ministère de l’Intérieur), les crédits de fonctionnement et d’investissement pourront être dotés de 280 M€, tandis que les crédits de masse salariale seront de 55 M€.

A noter tout particulièrement : une hausse de 200 % du budget véhicules permettant l’achat de 4 500 véhicules d’ici fin 2021 (renouvellement d’un véhicule opérationnel sur quatre, acquisition de 45 nouveaux blindés et de 250 véhicules de maintien de l’ordre) ; acquisition de dix hélicoptères H160 ; hausse de 7 % du budget équipement (notamment pour protéger nos forces) ; généralisation des caméras-piétons ; hausse du budget immobilier de 19 M€ pour sécuriser les casernes et mener à bien les 310 opérations immobilières proposées par la Gendarmerie (pour un montant de 444 M€).

Annoncés également : l’augmentation des effectifs de 500 gendarmes sur le terrain et diverses mesures statutaires pour nos militaires.

* Officiers : dans sa première lettre de nouveau président du Trèfle (société d’entraide des élèves et anciens élèves de l’école des officiers de la gendarmerie nationale), le général d’armée Marc WATIN-AUGOUARD rappelle que notre « Maison » compte 6 636 officiers d’active, 383 généraux en deuxième section, 6 479 officiers retraités, 1 890 officiers en réserve opérationnelle et 1 479 officiers de la réserve citoyenne de défense et de sécurité.

* Mobilisation : lorsque nous sommes confinés, les gendarmes travaillent. En ce dernier trimestre d’une année vraiment pas comme les autres, nos camarades sont gâtés ! En effet, comme si la crise sanitaire ne suffisait pas, les inondations, la lutte accrue contre les trafics de stupéfiants (voulue par le ministre de l’Intérieur), les attentats islamistes (dont on ne sait plus de quels adjectifs on peut les qualifier tellement ils dépassent l’entendement), la Toussaint et le renforcement de la sécurisation des lieux de culte, la rentrée scolaire et la surveillance accrue des établissements d’enseignement, le plan Vigipirate porté à son échelon maximal… sans compter les missions du quotidien : oui, nos camarades ont de quoi faire. Mais, en cas de crises, ils savent faire et payer de leur personne (parfois de leur vie). Courage à eux et soutien renforcé de notre part.

Zoom…

Pour ce quatrième zoom 2020, nous présentons un service peu connu de notre Maison : la Gendarmerie de l’Armement (GArm) dont les militaires de notre Institution protègent les intérêts nationaux de notre pays.

Suite aux événements de mai 1968 qui ont constitué une grave menace à l’égard de la protection du secret de la défense nationale, une formation spécialisée a été créée (par décret n° 73-327 du 16 mars 1973) au sein de la gendarmerie nationale, à savoir la gendarmerie de l’armement (GArm). Selon les termes mêmes du décret, cette formation « est chargée de la police dans les lieux et établissements relevant de la délégation ministérielle pour l’armement et participe à leur protection, à l’exception de ceux dont la sûreté est placée sous la responsabilité de la marine ou de l’armée de l’air« .


L’insigne de tradition de la GArm, homologué le 14 décembre 1973 sous le numéro G2383, représente une fusée stylisée argentée (symbolisant l’industrie de l’armement) sur fond de blason aux couleurs de la gendarmerie nationale. Pour les puristes et autres spécialistes en héraldique : parti d’azur (gendarme) et d’azur foncé chargé d’une fusée stylisée d’argent.

Le 25 janvier 1985, l’ingénieur général de l’armement René AUDRAN, directeur des affaires internationales de la délégation générale de l’armement est assassiné par Action directe, groupe armé d’extrême gauche. Cet attentat terroriste verra la création (le 1er décembre 1986) du groupe de protection de la gendarmerie de l’armement.

Constitué de militaires sélectionnés et formés par le GIGN, sa mission est d’assurer la protection rapprochée et la sécurité du délégué général pour l’armement (n° 2 de la défense) et de son directeur du développement international, ainsi que de certaines autorités de délégations étrangères.

Après ce bref historique de la GArm, rappelons quelles sont les missions de la gendarmerie de l’armement.

Commandée par un officier général et articulée en un état-major basé à Arcueil (94), la GArm (forte d’environ 350 militaires) est organisée en compagnies et en brigades ; elle dispose aussi d’une section de recherches à compétence nationale et d’un groupe de protection.

La compagnie GArm nord comprend 8 brigades (BGArm) et la compagnie GArm sud est formée de 5 BGArm.

Bien que tout ceci rappelle l’organisation classique des unités de gendarmerie, la GArm est néanmoins une formation spécialisée de la gendarmerie nationale atypique.

En effet, la GArm est placée pour emploi auprès de divers organismes extérieurs :

– la direction générale de l’armement (DGA), sur dix sites répartis sur le territoire métropolitain

– la direction centrale du service de santé des armées (DCSSA), sur le site de l’institut de recherche biomédicale

des armées (IRBA) situé dans l’Essonne (91)

– la division des applications militaires du commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA),

sur le site du centre d’études de Gramat (CEG) dans le Lot (46)

– l’institut franco-allemand de recherches de Saint-Louis (ISL), implanté dans le Haut-Rhin (68).

La GArm y a en charge la protection du patrimoine scientifique, technologique et industriel de défense ; elle y prend une part essentielle dans la sécurité et la sécurité de l’outil de défense.

La GArm exerce des missions générales (comme les unités territoriales de la gendarmerie) : à savoir des missions de police administrative, de police judiciaire et de police militaire.

Elle assure aussi des missions particulières, orientées vers la protection et la police générale des établissements protégés, installations prioritaires de défense et points d’importance vitale, ainsi que sur la protection industrielle du secret de défense qui regroupent :

. l’expertise de sécurité (notamment dans les domaines de la police judiciaire, de la sécurité de défense et de l’information, de la prévention des risques et du traitement des incidents)

. la surveillance, le contrôle et l’intervention

. la surveillance active des installations les plus sensibles (IPD et PIV)

. la participation au contrôle des règles de sécurité

. l’intervention rapide sur tout événement constaté ou signalé

. l’information et le renseignement favorisés par l’implantation des unités et les contacts permanents établis avec les personnels évoluant sur les sites protégés

Enfin, la GArm mène des missions spécifiques :

. escortes de matériels sensibles (missiles, aéronefs, engins blindés, satellites, etc…)

. sécurisation d’essais de matériels (missiles, aéronefs, etc…)

. participation à la sûreté des grands événements industriels de défense tels que le Salon international de l’aéronautique et de l’espace (Paris/Le Bourget), Eurosatory, Euronaval ou le forum innovation défense

. protection rapprochée des hautes autorités de la DGA et de délégations internationales.

Quelles sont les implantations des unités de la gendarmerie de l’armement?

– Commandement central :

. à Arcueil (94), le commandement et l’état-major GArm + la section de recherches (SRGArm) + le groupe de protection (GPGArm).

– Pour la compagnie nord :

. BGArm d’Arcueil (94), sur le site du fort de Montrouge sur lequel est implanté le centre d’analyse technico-opérationnelle de défense (CATOD) de la direction générale de l’armement (DGA)

. BGArm de Val-de-Reuil (27), sur le site de la direction générale de l’armement (DGA techniques hydrodynamiques)

. BGArm de Brétigny-sur-Orge (91), sur le site de l’institut de recherche biomédicale des armées (IRBA) de la direction centrale du service de santé des armées

. BGArm de Saclay (91), sur le site de la direction générale de l’armement (DGA essais propulseur)

. BGArm de Le Bouchet (91), sur le site de la direction générale de l’armement (DGA maîtrise NRBC)

. BGArm de Bruz (35), sur le site de la direction générale de l’armement (DGA maîtrise de l’information)

. BGArm de Saint-Louis (68), sur le site de l’institut franco-allemand de recherche (ISL)

. BGArm de Bourges (18), sur le site de la direction générale de l’armement (DGA techniques terrestres).

– Pour la compagnie sud :

. BGArm de Saint-Médard-en-Jalles (33), sur le site de la direction générale de l’armement (DGA essais de missiles)

. BGArm de Gramat (46), sur le site du centre d’études du commissariat à l’énergie atomique

(CEA division applications militaires)

. BGArm de Biscarrosse (40), sur le site de la direction générale de l’armement (DGA essais de missiles)

. BGArm de Toulon (83), sur le site de la direction générale de l’armement (DGA techniques navales et DGA essais de missiles)

. BGArm de Toulouse (31), sur le site de la direction générale de l’armement (DGA techniques aéronautiques).

– Enfin, cinq sites de la direction générale de l’armement sont rattachés à une BGArm :

. BGArm de Bruz, pour le site de la DGA techniques navales de Brest (29)

. BGArm de Bourges, pour le site de la DGA techniques terrestres d’Angers (49)

. BGArm de Saint-Médard-en-Jalles, pour le site de la DGA intelligence technique et économique d’Angoulême (16)

. BGArm de Saint-Médard-en-Jalles, pour le site de la DGA essais en vol de Cazaux (33)

. BGArm de Toulon, pour le site de la DGA essais en vol d’Istres (13).

Voilà donc rapidement brossé le portrait de la GArm, la force de protection de l’outil de recherche et développement des programmes d’armement français.

La gendarmerie nationale peut être légitimement fière des unités d’élite (comme la BGArm) qui la composent.

Merci au major Vincent BRONNER, commandant la BGArm de St Louis (68) et à son adjoint l’adjudant-chef Raymond KECK qui nous ont fourni des documents pour réaliser ce Zoom, ont relu cet article avant publication et l’ont fait valider par leur hiérarchie, à savoir le général Marc HAMEL, commandant la GArm.

Dans le prochain bulletin, nous vous présenterons une autre facette de notre belle et noble « Maison ».

La vie de notre association

Au niveau national

* Aucune information.

Un bulletin « Bleu Défense » devrait néanmoins paraître d’ici la fin de cette année, selon le président d’honneur toujours actif, heureusement pour R.E.S.GEND.

Poignées de main :

Lorsque je me rendais dans une gendarmerie, je pouvais apprécier d’entrée de jeu la chaleur de l’accueil de mes camarades gendarmes à l’occasion de la poignée de main franche et amicale qu’ils me donnaient.

Aujourd’hui, tout cela n’est plus qu’un souvenir (parmi d’autres) d’une époque révolue… momentanément, je l’espère.

Quelle tristesse, quel dommage !

Et non content de nous interdire ce geste de politesse fraternel, le virus nous oblige aussi à nous masquer : tu parles d’un accueil sympathique sur les pas de porte et de relations sociales agréables !

Il me faudra donc apprendre la patience, en attendant des jours meilleurs, et en espérant que les bonnes habitudes de politesse, de camaraderie, de vie en société n’auront pas été oubliées par nos contemporains.

Parce que – pour les gendarmes – je n’ai aucune crainte : la poignée de main et le sourire d’accueil reviendront spontanément… avec le café offert.

Alors, vivement demain !

Philippe

Suite à l’envoi de notre bulletin de septembre, nous avons eu beaucoup de messages forts sympathiques, très encourageants à poursuivre le travail bénévole commencé en 2016 pour R.E.S.GEND.

Merci à tous et plus particulièrement aux généraux d’armée Christian RODRIGUEZ (DGGN) et Richard LIZUREY (ancien DGGN), au général de division Thierry THOMAS, chef adjoint de l’Inspection générale (ancien commandant de la région Alsace lorsque celle-ci existait encore), au colonel Constant CAYLUS, chef de la division des signalements et de la déontologie à l’inspection générale de la gendarmerie nationale (ancien commandant de groupement à Colmar), au colonel (H) Jean-Pierre SOBOL, président d’honneur de notre association nationale.

En bref

11 novembre :

Depuis la mort du dernier Poilu de la Grande Guerre, certes nous fêtons toujours l’Armistice de 1918, mais commémorons désormais le sacrifice de tous les Français morts au combat (militaires tués en OPEX, par exemple) ou compatriotes victimes du terrorisme.

Mais n’oublions pas que le premier conflit mondial a occasionné la mort de 1,4 million de jeunes Français et fait plus de 3 millions de blessés dont 600 000 invalides, 300 000 mutilés, 42 000 aveugles, 1 500 « gueules cassées ».

Lors des tristes combats de la Somme, on a pu déplorer jusqu’à 20 000 soldats tués par jour et parfois jusqu’à 3 000 morts par minute.

Et que dire des civils morts ou traumatisés à vie, des familles décimées, des malheureux orphelins, des fiancées éplorées qui n’ont pu fonder une famille, des vies brisées à tout jamais, des villages rayés définitivement de la carte ?

Alors, n’oublions pas… pour que « Plus jamais ça » !

3 janvier 2021 – Sainte Geneviève :

Nous aurons une pensée pour la sainte patronne des gendarmes… mais sans pouvoir nous retrouver pour les cérémonies religieuses habituelles.

En effet, la Gendarmerie a décidé de supprimer ces commémorations – sur l’ensemble du territoire national – du fait de la pandémie qui nous frappe.

Bien évidemment, nous comprenons cette décision qui – nous le souhaitons tous et l’espérons ardemment – ne devrait être que transitoire.

Document rédigé du 25 août au 15 novembre 2020


Le Chef d’escadron (RC) Philippe WITTIG
Délégué régional Alsace de R.E.S.GEND